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« Au rythme du temps »

Acier Corten et laqué

 130 x 130 x 50cm

2000

Los Angeles

 

 

 

« Par la force des vents »

Acier Corten et Inox

280 x 110 x 70cm

2000

Los Angeles

 

 

 

L’acier

 

 

« J’aspire par le biais de la tôle, créer des volumes non fermés sur eux-même comme un cube peut l’être ; encore que, si un cube m’était nécessaire, je ferai appel au béton ou la pierre, matériaux parfaitement adaptés »

 

 

 

 

C’est donc la feuille d’acier qui intéresse notre sculpteur. Sa légèreté apparente, l’aspect fragile parfois de ses recherches artistiques dans cette expression délicate l’ont poussé à abandonner bien des projets pour raison technique. La rencontre de Monsieur Guy Gerlement, professeur de la Chaire de Mécanique des Matériaux et des Structures de la Faculté Polytechnique de Mons, va se transformer rapidement en une collaboration étroite et un appui de haute technicité pour un bon nombre de projets, dont la stabilité était risquée. Delaere était ainsi libéré d’un bon nombre de contraintes, poussant plus avant ses projets aux limites de l’équilibre et de la résistance même de la matière. « Le vent est l’ennemi de la stabilité et pourtant, quelle émotion lorsqu’une tôle se plie sous sa force, et reprend docilement sa place la colère passée ; effet de mémoire! ».

 

 

 

 

Pierre-Jean FOULON en 2000 : … Le métal est aujourd'hui très présent dans l’œuvre monumentale de Michel Delaere. Amateur de reliefs (bas ou hauts), l'artiste travaille plus la feuille d'acier que le volume massif. Son travail sur le métal est ainsi itinéraire de découpes et non modelage et fonte de masses. Chez Delaere, la tôle est, ainsi qu'il le dit lui-même, une "peau" qu'il travaille en lui donnant étalement au départ de sa surface lacérée, pour quitter le plan et l'épanouir dans les trois dimensions. Dès lors, soudant, incurvant, figeant tout en réservant cependant une part de mobilité à certains éléments, il donne à ses sculptures des espaces nouveaux où l'expressionnisme se résorbe dans les lignes et la simplicité s'exaspère dans le traitement des espaces. Et rien n'est plus convaincant aussi que cette volonté d'utiliser la plupart du temps un acier Kor-ten brut dont l'épiderme roux et marron se patine et se révèle au fil des temps et selon la nature des lieux. LE SPANTOLE

 

 

 

 

 

 

« Aux lisières du passé »

 

Acier laqué

200 x 250cm-1988

 

 

 

Jardins suspendus à Thuin-2004

 

 

« A tous vents »

Acier laqué

80 x 110 x 80cm-2001

 

 

 

« Au gré des vents »

Acier Corten

380 x 420 x 80cm-2001

Ville de Charleroi

 

 

« Les penseurs »

Acier Corten

2x 200 x 30 x 30cm-2000

 

 

« Sous le vent »

Acier corten

 240 x 220 x 40cm-2002

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Repoussant l’inutile »

acier doux et inox 2001

75 x 55cm

 

 

 

 

« D’un mot distrait

acier doux et inox 2001

60 x 60cm

 

 

Les Bijoux

 

« …c’est une sculpture qui se déplace. Suspendue au cou de la femme. Sur sa peau elle en capte sa chaleur : union physique. Participe à sa parure à un moment précis : renouvellement d’un choix ou d’un désir. Je porte en moi ces émotions lors de ces créations et cette intimité conditionne tous mes gestes. Dans la réalisation pratique, le moment le plus exaltant est celui du polissage, où peu à peu la surface graineuse du métal coulé s’estompe pour laisser apparaître progressivement la sensualité de l’objet appuyée par l’éclat de la matière, à la façon du photographe qui découvre lentement l’image plongée dans le révélateur».

 

Dans l’œuvre sculptée de Michel Delaere, le métal existe cependant ailleurs que dans sa sculpture monumentale. Créateur de bijoux, Delaere les façonne comme ses sculptures en réduction, judicieusement équilibrées et porteuses des mêmes messages visuels que ses oeuvres de grandes dimensions. Au bord de larges zones éclatantes et polies, naissent des replis, des creux, des sutures qui sont autant d'accidents imprévus que les cicatrices au sein des grands reliefs. Dans ces bijoux, petites merveilles de finition et de délicatesse, le soin et la précision de l'artiste éblouissent et signifient. On est conquis par la netteté du geste et l'éclat rare des métaux.

 LE SPANTOLE

 

 

 

 

 

Le papier

 

En 1994, sa première approche du papier est celle par laquelle il fabrique cette matière à partir de journaux, qu’il broie, malaxe et qu’il coule sur de petites sculptures en bois. Il presse cette pâte pour en extraire l’eau. L’artiste nous explique : « Ce qui m’a poussé ici, c’est l’idée de l’emprunte dans une matière fragile et éphémère, ne garder que cette peau

comme la trace d’un moment, un souvenir. Cela m’amusait aussi d’avoir en mains une image en volume de la matière qui avait été enlevée de la sculpture en bois… ». C’est sans doute aussi et inconsciemment, un rappel de cet aspect positif et négatif de ses premières sculptures murales.

 

 

En 1999-2000, c’est à la feuille de papier qu’il s’intéresse. Nous pensons qu’il y a lien avec la feuille d’acier qu’il travaille dans le même temps. Respect de la matière. La feuille n’est pas détournée de ce qu’elle est. Pierre-Jean Foulon précise :

 

… Plus étonnante encore est cette nouvelle matière désormais introduite par Delaere dans son oeuvre: le papier. Blanc, et donc très "minimal", le papier, dans ces compositions constructivistes, s'accumule en feuilles que le sculpteur découpe, tord, entaille, superpose en reliefs minces installés derrière la vitre d'un cadre qui leur sert de lieu d'éploiement et d'univers clos. Là, sous le verre, les papiers se chevauchent en rythmes d'ombres et de lumières et balisent, de leurs franges sans cesse répétées, des espaces où vides et pleins s'estompent en lignes acérées ou strates dynamiques. Précieux, intelligents, subtils, ces reliefs en papier sont des oeuvres fortes hissant Delaere au rang de ces créateurs lucides conscients que l'art se forme dans la rigueur du propos et la pertinence du geste. LE SPANTOLE

 

Delaere, à son tour nous confie : « Le papier, la feuille de papier blanche est débordante d’émotions fortes. Elle dépasse de loin sa dimension par les rêves qui entourent l’imagination d’un dessin ou d’un texte qui s’y déposera avec palpitation. Sa générosité est déconcertante : fragile, elle nous attend là, discrète, disponible à notre bon vouloir, où sous la main, que d’un crayon, un simple trait fera basculer tout son univers, sa vie. C’est magique » !

 

 

 

 

 

 

L’artiste transpose le même esprit sur des feuilles d’aciers doux et l’inox qu’il découpera au laser à la manière d’un puzzle. La rigueur est de mise, puissante. Il ajoute : « La somptueuse couleur grise et naturelle de l’acier laminé à chaud, parfois auréolé de bleus magnifiques, trace flagrante de la chaleur vive du feu de sa naissance, m’interpelle et m’émeut. Cette tôle est le berceau de l’œuvre dans laquelle viennent s’y imbriquer, s’affronter des éléments d’inox, froids et impersonnels en opposition à l’acier oxydé chaud et doux, ces derniers assouplissant quelque peu la composition rigoureuse ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans ses oeuvres "construites", Michel Delaere aborde les thèmes centraux de la force du simple et de la puissance de l'esprit. Quelques lignes, peu de traits, des volumes élémentaires suffisent alors à nouer au sein des matières une tension conceptuelle et une pureté salubre.

 

 

 

 


                                                                 depuis 2000

 

 

 

 

« A l ‘émoi d’un souvenir »

bois d’ayous teinté 2002

90 x 60cm

 

« A la douceur de cette promesse »

bois d’ayous teinté 2002

90 x 60cm

 

« De la caresse de l’aube »

bois d’ayous teinté 2002

90 x 90cm

 

 

 

 

 

 

 

Tout en poursuivant son travail ou combat avec cette matière rebelle qu’est l’acier, Delaere va jusqu’en 2003 se retourner vers le bois. Un bois clair et stable dans lequel il s’exprimera avec le parfum d’un d’aboutissement. Retour vers ses premières amours, "la caresse".

 

 

 

 

 

 

 

 

« …comme l’air que je respire, le même besoin : ce geste, les yeux fermés et la main qui caresse ce bois poli à la recherche de la moindre ondulation ou mouvement imperceptible, la débusquer, la corriger … »

 

 

 

 

 

 

 

 

Les œuvres du sculpteur Michel DELAERE témoignent d’un talent mûri, d’une sûreté d’inspiration et d’exécution qui allie la simplicité sensuelle des formes taillées dans le bois à une perception musicale et raffinée des failles, des gonflements, des étirements voluptueux de la croûte terrestre ou de l’essence d’un bois précieux. L’émotion, dans ses œuvres, à l’air de se glisser entre lumière et ombres, et à ne se laisser capter qu’avec l’assurance d’une affinité partagée avec le spectateur.

CAP D’ART Gallery Lac de Genval jusqu’au 13 avril 2003.

Wim TOEBOSCH

ARTS ANTIQUES AUCTIONS

 

 

 

 

CAP D’ART Gallery 2003

 

 

 

 

Trophée Charles Dupuis

Festival de la B.D

Acier inoxydable 2008

 

 

…On pourrait croire, au vu de tout ceci, que l'artiste Michel Delaere offre plusieurs visages, plusieurs manières, plusieurs styles. Il n'en est rien. Car, en cette oeuvre nuancée, violence et construction, expressionnisme et minimalisme se mêlent la plupart du temps, au sein d'un dialogue franc, contrasté, mais singulièrement unifiant dans son évolution, et l'on ne peut s'empêcher de penser, dès lors, que Michel Delaere est bien en accord avec son époque post-moderne qui, rejetant tout dogmatisme stylistique et toute unicité de pensée, trouve ses formes et ses discours en une multiplicité de réseaux et, fondamentalement, en un fructueux mélange de langage et d’émotions.

Pierre-Jean FOULON, Conservateur au Musée Royal de Mariemont

 

 

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